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LOME ACCUEILLE LA 23E ÉDITION DU FORUM PHARMACEUTIQUE INTERNATIONAL

Placé sous le thème : « Accès universel aux soins : défis, enjeux et perspectives pour le secteur pharmaceutique », le FPI de cette édition de Lomé réunit près de 1500 participants du secteur pharmaceutique, notamment des chercheurs-enseignants, des officinaux, des grossistes-répartiteurs, des industriels, des biologistes, et des professionnels de la santé publique. Ce forum pharmaceutique est présidé par le premier ministre togolais, Mme Victoire Tomégah-Dogbé.

C'est la deuxième fois que le Togo accueille le FPI, la première ayant eu lieu lors de la 8e édition à Lomé en 2007.

La Côte d’Ivoire est représentée par une forte délégation de pharmaciens composée de conseillers de l'Ordre National des Pharmaciens de Côte d’Ivoire, de pharmaciens Enseignants, de pharmaciens grossistes repartiteurs, de pharmaciens d’officine et de pharmaciens industriels. Cette délégation est conduite par le président du conseil de l'ordre, le Dr Arouna DIARRA.

Les activités ont commencé le jeudi 3 juillet, marquées par des assemblées générales, notamment celles de l’Inter-ordre des pharmaciens d’Afrique (IOPA), de l’Intersyndicale des pharmaciens d’Afrique (ISPHARMA), de l’Association des centrales d’achat des médicaments essentiels (ACAME) et de la Conférence des doyens de faculté de pharmacie d’Afrique (CADPHARM)  

L’ordre du jour de cette première session du FPI prévoit : l’adoption des recommandations issues de l’intersession du 11 mai 2024 à Alger, le point sur l’actualité pharmaceutique par pays, la réflexion sur le financement du Forum Pharmaceutique International, et l’attribution définitive de la 24e édition, dont l’organisation reviendra à la Tunisie.

La cheffe du gouvernement togolais, en prenant la parole, a mis en avant plusieurs objectifs clés, notamment le renforcement du financement, l’amélioration de la gouvernance, et la garantie de la disponibilité et de l’accessibilité des médicaments, tout en assurant un contrôle rigoureux de ceux-ci. Ces actions visent à garantir que chaque individu puisse accéder à des services de santé de qualité et à des médicaments sûrs, abordables et efficaces.

« Dans un contexte mondial marqué par une superposition de crises de tous ordres, l’accès universel aux soins, qui est un droit fondamental, demeure un impératif pour le renforcement de la protection sociale et la résilience de nos populations… Face à des besoins sociaux croissants, l’accès aux soins de santé reste un chantier prioritaire tant sur le plan de l’offre que de la demande. Nous sommes convaincus que les solutions aux maux de l’Afrique émaneront de ses filles et fils, vaillants et valeureux », a-t-elle déclaré.

Le Dr Arouna Diarra, Président de l’Ordre national des pharmaciens de Côte d’Ivoire, et Président de l’Inter Ordre des pharmaciens d’Afrique, en prenant la parole, a rappelé que, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 60 % des revenus des ménages sont consacrés aux soins de santé. La majeure partie de cette dépense concerne principalement les produits de santé, et essentiellement les médicaments, et qui dit médicaments dit pharmacie.

Un discours qui vient souligner l’importance de cette réunion de pharmaciens, instituée pour poser les problématiques et les solutions appropriées pour l’amélioration de la prise en charge sanitaire des populations.

Il a ajouté que la carte pharmaceutique de l’Afrique montre des disparités malgré des progrès significatifs en termes d’accessibilité des produits de santé, notamment au Maghreb et en Afrique du Sud. Il a relevé que le plus gros retard est constaté en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale, notamment dans les pays francophones. De ce fait, l’accès aux médicaments à des coûts abordables passe inévitablement par la production pharmaceutique locale.

L’UNIQUE SECRET : l’industrie pharmaceutique locale

Le Président de l’Ordre national des pharmaciens de Côte d’Ivoire a également déclaré qu’on ne peut avoir de système pharmaceutique dynamique sans production locale, et pour cela, chaque pays devrait mettre en valeur sa production de matières premières locales.

« On ne peut avoir de système pharmaceutique résilient sans production locale. Les industries pharmaceutiques locales doivent être créées et favorisées dans notre espace en ce qui concerne la production. Le petit matériel médical peut être produit localement puisque nos pays sont souvent premiers producteurs de caoutchouc, de coton, etc. Le matériel médical peut être produit dans nos pays, ainsi que les produits génériques, sans oublier les produits issus de la pharmacopée africaine que nous présentons souvent sous forme de médicaments traditionnels améliorés. C’est ça l’unique secret », a indiqué le Dr Diarra, Président de l’Inter Ordre des pharmaciens d’Afrique.

Au final, le pharmacien a souhaité que les conclusions et recommandations des travaux puissent servir de boussole pour que les populations africaines puissent avoir accès à des médicaments essentiels pour l’amélioration de leur santé.

Plusieurs discours ont été prononcés au cours de cette première journée, notamment celui du président du comité national d’organisation, le Dr NYASENU Tufa, ainsi qu'une conférence inaugurale sur le thème de la rencontre et une conférence de partage d’expérience entre le Maroc et le Togo.

Les travaux se sont poursuivis dans l’après-midi avec des sessions parallèles sur des thèmes spécifiques tels que l’extension des missions du pharmacien, abordés avec des experts en la matière, parmi lesquels le Dr OUATTARA Kanigui, président de l’UNPPCI, le syndicat ivoirien des pharmaciens privés. Des thèmes comme l’industrialisation pharmaceutique en Afrique, l’importance du circuit du patient, et de la pharmacovigilance ont aussi fait l’objet des échanges. Les travaux se poursuivront jusqu’au samedi 6 juillet, avec des activités culturelles et touristiques.

Édithe Valérie Nguekam

 

 


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