SIDA : UNE DÉCOUVERTE MAJEURE POUR LE TRAITEMENT DU VIH

  • Publié le 08/12/2020
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  • Par Tiapo Jean Michel
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Rappelons que, dans le monde, près de 40 millions de personnes vivent avec le VIH. Ce virus a ceci de particulier qu'il s'attaque directement aux lymphocytes -- et notamment à ceux que l'on nomme les CD4+ --, ces globules blancs qui jouent un rôle clé dans la fonction immunitaire. Il en diminue le nombre et rend dysfonctionnels ceux qui restent, exposant l'organisme aux infections et aux cancers. C'est connu depuis bien longtemps.

 

LE VIH COOPERE AVEC UNE ENZYME DU PATIENT

Mais, étonnamment, alors que moins de 1 % des lymphocytes T CD4+ sont infectés par le virus, la totalité d'entre eux apparaît dysfonctionnelle. Et c'est ce phénomène que les chercheurs peinaient à expliquer. « Notre découverte montre comment le virus coopère avec une enzyme du patient pour induire un dysfonctionnement lymphocytaire et permettre au VIH de neutraliser la réponse immunitaire du patient », explique le professeur Jacques Thèze, cofondateur de Diaccurate dans un communiqué.

 

VERS UN ANTICORPS CAPABLE DE TRAITER CANCERS ET SIDA ?

Plus précisément, les chercheurs pointent le rôle de l'enzyme PLA2G1B -- autrement dit la phospholipase endogène A2 Groupe 1B -- une enzyme naturellement sécrétée dans notre système digestif par notre pancréas. Chez les patients atteints par le VIH, il s'avère que les lymphocytes CD4, fragilisés par un fragment du virus -- une protéine d'enveloppe gp41 qui se fixe aux lymphocytes --, vont être attaqués par cette enzyme. Avec, pour conséquence, une déformation de leur membrane par l'agrégation de protéines de manière non homogène.

Ce mécanisme semble expliquer à la fois la réduction du nombre des lymphocytes T CD4+ et leur perte d'efficacité. Car plus de 80 % des lymphocytes T CD4 des patients infectés présentent des anomalies morphologiques. Les chercheurs qualifient ces cellules de cellules bosselées. Et leur découverte ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.

Diaccurate annonce d'ailleurs avoir déjà développé un anticorps monoclonal humanisé nommé Plazumab qui neutralise l'enzyme PLA2G1B et inverse le processus. Cet anticorps entre aujourd'hui dans une phase de développement préclinique réglementaire. Il pourrait aussi être utile au traitement de certains cancers. Mais le chemin jusqu'à une thérapie anti-VIH sera encore long et coûteux.

 

FUTURA SANTE

Le communiqué de Diacurrate (en français) ici

 

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