PRESCRIRE PUBLIE SON BILAN 2021 DES MÉDICAMENTS A ÉCARTER DES SOINS ET A REMPLACER PAR DE MEILLEURES OPTIONS.

  • Publié le 06/12/2020
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  • Par Tiapo Jean Michel
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L'évaluation par Prescrire de la balance bénéfices-risques d'un médicament dans une situation donnée repose sur une procédure rigoureuse : recherche documentaire méthodique et vérifiable, détermination de critères d'efficacité qui comptent pour les patients, hiérarchisation des données scientifiques selon la solidité des preuves, comparaison versus traitement de référence (s'il existe), prise en compte des effets indésirables et de leur part d'inconnues.

En 2021, le bilan porte sur 112 médicaments (dont plusieurs commercialisés en Côte d’Ivoire) analysés dans Prescrire durant dix ans, de 2010 à 2020, dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques (sauf rares exceptions).

Certains de ces médicaments peuvent paraître bénéfiques à certains patients ; surtout tant que des effets nocifs ne se sont pas manifestés chez eux. Ces médicaments plus dangereux qu'utiles sont des causes de mortalité, d'hospitalisations ou d'effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables.

Ces médicaments ne sont pas forcément de futurs « Mediator », au centre d'un scandale et de procès impliquant une firme et l'Agence française du médicament.

 

La revue Prescrire a dévoilé sa nouvelle liste d’une centaine de médicaments "plus dangereux qu’utiles", à éviter en raison des risques sanitaires "disproportionnés" qu’ils font courir aux patients, avec de nouveaux venus comme le PROPECIA contre la calvitie masculine.

Parmi ceux ajoutés cette année à cette liste noire, figurent deux médicaments qui exposent à des effets indésirables "disproportionnés" par rapport à leur faible efficacité ou à la bénignité des troubles traités. C’est le cas du fameux médicament contre la chute modérée de cheveux chez les hommes, le "FINASTERIDE 1 MG" (PROPECIA et génériques).

L’Agence du médicament ANSM (France) a déjà averti des risques de troubles psychiatriques (anxiété, dépression) et sexuels (dont des troubles de l’éjaculation et une diminution de la libido) devant conduire à l’arrêt de ce traitement anti-calvitie.

Également épinglé : LE PIRACETAM (NOOTROPYL et génériques), un "VASODILATATEUR" autorisé dans diverses indications dont les vertiges, et comme traitement d’appoint pour de troubles mineurs chroniques (cognitifs ou neurosensoriels) liés au vieillissement.

Trois autres médicaments sont pointés, qui ont une certaine efficacité, mais avec des effets indésirables disproportionnés ou pour lesquels existent d’autres options moins dangereuses.

Il s’agit de :

1-       L’ESKETAMINE (SPRAVATO) en pulvérisation nasale « à l’efficacité très incertaine » contre des dépressions résistantes aux antidépresseurs ;

2-     Le PIMECROLIMUS (ELIDEL) contre l’eczéma atomique, mais avec un risque accru de cancers cutanés et de lymphome.

3-      Le ROMOSOZUMAB (EVENITY) pour l’ostéoporose sévère chez les femmes ménopausées.

Une bonne dizaine de médicaments de la famille des GLIFLOZINES, contre le diabète, figurent aussi parmi les médicaments à écarter.

Maux de gorge, toux, rhume… d’autres produits déjà déconseillés les années précédentes figurent toujours en bonne place dans la liste.

 

Ce bilan est accessible sur le site de la revue ici  

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