Acné, herpès, furoncle, kyste, abcès… comment les différencier ? Quels conseils apporter pour favoriser leur guérison ? Quand orienter vers une consultation médicale ?

  • Publié le 02/09/2020
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  • Par Akatcha Loic
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1- À quoi reconnaît-on un herpès labial ?
L’herpès labial apparaît sous la forme d’un bouquet de vésicules sur une zone de rougeur. Les vésicules contiennent un liquide clair contenant l’herpès simplex virus 1. Elles se rassemblent parfois en formant une bulle, puis se rompent. Elles font ensuite place à une croûte qui recouvre la lésion. Conseillez de ne pas arracher la croûte, d’appliquer un émollient (vaseline, baume…) pour favoriser la cicatrisation, de ne pas toucher les lésions, de se laver les mains avant/après chaque application du traitement, de ne pas se frotter les yeux et de ne pas humidifier ses lentilles de contact avec la salive… Le traitement local à base d’aciclovir 5 % doit être utilisé dès l’apparition des premiers signes (chaleur locale, picotements, démangeaisons), en association si besoin avec de la lidocaïne. Une consultation est préconisée si la poussée est plus sévère que d’habitude, si le bouton s’étend ou ne cicatrise pas, si les poussées se font plus fréquentes (plus de 6 par an), en cas d’immunodépression ou d’atteinte endobuccale. C’est une urgence en cas de forte fièvre, de douleur intense, de douleurs oculaires ou de baisse de la vision d’un œil (kératite herpétique).


         2- Quelles sont les lésions de l’acné ?
L’acné provoque l’obstruction des pores de la peau et l’apparition de différentes lésions, telles que les comédons (points noirs et blancs), boutons de types papules (boutons rouges sans pus) ou pustules (boutons rouges à tête blanche avec pus), parfois évoluant en nodules (petites bosses
plus grosses que les papules, douloureuses et dures au toucher, parfois un peu rouges). Outre le visage, le dos, le cou, la partie antérieure du thorax peuvent être atteints. Conseillez au patient de nettoyer sans frotter les zones touchées,
matin et soir, avec des produits de toilette doux en privilégiant les dermocosmétiques non comédogènes, à base d’eau et peu gras. Un soin
local pourra être utilisé en application quotidienne en vue de réduire l’hyperkératose, avec une crème à base d’acides de fruits (alphahydroxyacide)
ou d’acide salicylique, par exemple.

       3 – Quand traiter?
En cas d’acné sévère, s’il existe un risque de  cicatrices, un traitement est proposé, adapté au type d’acné (rétentionnelle, inflammatoire, mixte), à la saison et aux préférences du patient. Un soin local à base de peroxyde de benzoyle, rétinoïde, antibiotique local est prescrit pour une acné légère à moyenne, un antibiotique (doxycycline par voie orale) en cas d’échec du
traitement local pour une acné moyenne, de l’isotrétinoïne pour les acnés sévères et avec risque cicatriciel (après échec d’un traitement par voie locale et doxycycline pendant 3 mois) ou chez la femme, l’antiacnéique Diane 35 ou autres pilules oestroprogestatives de 2-3e génération, en cas d’exacerbation liée aux règles. Un traitement de l’acné n’est pas immédiatement efficace : il faut quelques semaines pour obtenir une amélioration.

         4 – Quels conseils pour éliminer les points noirs ?
Le point noir ou comédon ouvert mesure entre 1 et 3 mm de diamètre et touche principalement les ailes du nez, le front, le menton, les joues. Il est dû à l’accumulation de kératine et de sébum oxydé, associée à l’obturation du canal pilaire et à la dilatation de la glande sébacée. Conseillez au patient d’éviter de presser les comédons, de nettoyer la peau avec un gel ou pain dermatologiqueet de ne surtout pas accentuer la production de sébum par l’utilisation de produits gras. Un soin local à base d’acides de fruits, d’acide salicylique,
pourra être ajouté. Le dermatologue est à même de réaliser un lavage de peau en cabinet pour évacuer les points noirs. Enfin, notez que le traitement de l’acné rétentionnelle est délivré uniquement sur ordonnance (rétinoïdes, peroxyde de benzoyle…) si l’acné progresse.

           5 – Quel aspect présente un kyste sébacé ?
Le kyste est une petite bosse dure au toucher, indolore, de la couleur de la peau ou légèrement jaune ou blanc, de taille variable (de quelques millimètres à 2 cm). Un pertuis (petit trou) est visible le plus souvent. Formé dans les glandes sébacées, il contient un liquide composé de sébum et de kératine. On le retrouve surtout au niveau du visage, cou, aine, haut du dos, torse. Même si le kyste sébacé est bénin et sans danger, il ne faut jamais essayer de le percer (risque d’inflammation). Son traitement n’est pas nécessaire s’il ne provoque pas de douleur, de gêne fonctionnelle ou esthétique. Si nécessaire, un traitement médical sera mis en oeuvre : incision pratiquée sous anesthésie locale pour vider le kyste, laser s’il est situé au niveau du visage ou d’une zone exposée du corps. En cas d’inflammation (kyste rouge, douloureux, gonflé), conseillez une désinfection avec un antiseptique et une consultation médicale afin de limiter le risque d’infection (antibiothérapie générale, incision).


       6 – Qu’es t- ce qu’un furoncle ?
Le furoncle est une infection profonde du follicule pilo-sébacé causée par Staphylococcus aureus. Il se manifeste d’abord par un bouton rouge, dur et douloureux au niveau d’un poil, puis par un bouton rouge à tête blanche (pustule). Au dernier stade, il se perce, du pus s’écoule et il se forme un tissu blanchâtre nécrosé au centre du follicule pilo-sébacé (bourbillon). Une fois le follicule détruit et éliminé, un cratère rouge apparaît sur la peau. Les zones de prédilection des furoncles sont le visage, le dos, les épaules, la nuque, les cuisses et les fesses. Il ne faut surtout pas manipuler un furoncle. Conseillez à vos patients de se laver régulièrement les mains et d’effectuer plusieurs toilettes quotidiennes du corps avec un savon surgras ou à base de chlorhexidine et un rinçage soigneux. Dès l’apparition du furoncle, une routine pluriquotidienne devra être adoptée : appliquer une compresse imprégnée d’eau chaude pendant une dizaine de minutes, à renouveler jusqu’à ce que le furoncle se vide, aseptiser avec un produit type chlorhexidine et appliquer un pansement pour protéger la lésion. Lorsque le pus s’est écoulé et que le follicule a été éliminé, nettoyer la plaie avec un antiseptique et appliquer une compresse stérile pour protéger. Le pansement est à renouveler jusqu’à cicatrisation. Un furoncle simple, bien traité, guérit en une à deux semaines, mais il laisse une cicatrice définitive, en creux.


         7 – En cas de furoncle : quel antibiotique sera recommandé ?
Les furoncles sont principalement dus au à Staphylococcus aureus, bactérie commensale de la peau. Le portage chronique de ce germe sera d’ailleurs recherché au niveau des narines, des creux axillaires et du périnée en cas de récidive. Un traitement antibiotique par voie générale sera indiqué si le furoncle est situé dans une zone à risque (centrofaciale), en cas de fièvre, sur un terrain particulier (patient diabétique ou immunodéprimé), ou en cas de lésions multiples. Sont recommandées : une pénicilline M (cloxacilline 50 mg/kg/j), une synergistine (pristinamycine 50 mg/ kg/j) ou l’association amoxicilline-acide clavulanique (50 mg/kg/j). L’intérêt d’une antibiothérapie locale (acide fusidique) n’a pas été démontré.


          8 – Comment se présente un abcès sous-cutané ?
L’abcès sous-cutané est une poche d’infection bien limitée, molle, qui se forme plus ou moins profondément sous la peau. L’infection est causée par des bactéries (staphylocoques, streptocoques) suite à l’obstruction d’une glande de la peau (glande sébacée, follicule pileux), une petite plaie négligée, une morsure ou un corps étranger comme une écharde. Les zones de peau déjà fragilisées, par la présence d’une mycose ou par des microlésions causées par le rasage sont très exposées à ce phénomène. L’abcès se présente sous forme d’une bosse enflée accompagnée d’une douleur localisée, d’une chaleur (peau rouge et chaude) et de pus (qui s’écoule lorsque l’abcès se perce). Il peut se développer à n’importe quel endroit du corps (doigt, autour d’un
poil…). Pour évacuer le pus, conseillez de laver la plaie au savon et de la désinfecter à l’aide d’unantiseptique, plusieurs fois par jour. Si l’abcès ne
s’ouvre pas de lui-même, interdit de le percer. L’application de compresses imbibées d’eau chaude le fera mûrir. Nettoyer ensuite avec un
antiseptique. Une consultation médicale sera indispensable si l’abcès s’accompagne de fièvre.


         9 – L’acné peut-elle donner des kystes ? Ces derniers peuvent ils évoluer vers un abcès ? Un kyste ou un microkyste peut apparaître dans une zone d’acné. Ce sont les nodules ou papules de l’acné. Le traitement de ces lésions à type de kyste chez un patient acnéique est celui de l’acné. Les kystes peuvent parfois fusionner et entraîner des cicatrices multiples. Un furoncle peut devenir un abcès, un kyste surinfecté est l’équivalent d’un abcès. En cas d’infection, le kyste devient chaud, rouge, douloureux et gonflé. Du pus peut aussi, parfois, suinter de la lésion. Furoncle et kyste sont alors traités comme des abcès.


      10 – Quand orienter vers une consultation en cas de furoncle ? Dans les jours qui suivent son apparition, si le furoncle est très douloureux et s’il grossit rapidement, en cas d’inflammation autour ou d’absence de guérison en deux semaines malgré les soins locaux, la consultation s’impose. Elle
revêt un caractère urgent si le furoncle se trouve sur une aile du nez (risque de thrombose des sinus veineux cérébraux), près de la bouche, des oreilles ou de l’anus, en cas de répétition fréquente d’épisodes de furoncles sur plusieurs mois (furonculose), d’agglomérat de furoncles (anthrax), de fièvre, de maladie chronique, de traitement par corticoïdes, d’immunodépression.

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